La demande tenait en une phrase : « nous voulons cuisiner avec les autres, pas à côté ». La maison, une maison de maître des années 1900 en centre-ville d'Agen, avait une cuisine de 9 m² fermée par un mur porteur, une salle à manger sous-utilisée et des moulures d'origine que les propriétaires ne voulaient perdre à aucun prix.
1. Le relevé : ce que cachait le mur
Le premier rendez-vous a eu lieu sur place, deux heures, mètre laser en main. Hauteurs, faux aplombs, position des descentes d'eau, tableau électrique, épaisseur du plancher bois : tout est relevé avant le moindre trait. Nous avons fait intervenir un bureau d'études structure pour valider la reprise de charge et dimensionner la poutre acier. C'est un poste que nous ne négocions jamais — un mur porteur ne se devine pas.
Le relevé a révélé deux surprises : une ancienne trémie rebouchée sous le parquet et un conduit de cheminée encore actif à l'endroit prévu pour la hotte. Les deux ont modifié le plan avant même la première esquisse. Voir aussi notre page dédiée à l'aménagement d'une cuisine.
11
semaines de chantier
3,20 m
d'îlot en chêne massif
47 m²
de pièce de vie ouverte
2. Ouvrir sans effacer la maison
Ouvrir une pièce ancienne, c'est arbitrer entre la lumière et le caractère. Nous avons choisi une ouverture de 2,80 m plutôt que la démolition totale du mur : le retour de 60 cm conservé porte la poutre, cadre la perspective depuis l'entrée et permet de raccorder les corniches sans rupture. Le coffrage de la poutre reprend le profil des moulures existantes, fabriqué à l'atelier d'après un gabarit relevé sur place.
Une ouverture réussie ne se remarque pas. On voit la lumière, pas la démolition.
3. L'îlot, dessiné puis fabriqué dans le Gers
L'îlot fait 3,20 m par 1,05 m, en chêne massif huilé, avec un plan de travail en pierre de Bourgogne adoucie. Il réunit la cuisson, l'évier secondaire et six places assises côté salle à manger — la seule façon d'obtenir « cuisiner avec les autres » sans encombrer la circulation. Côté fabrication, tout est sorti de notre atelier de Saint-Martin-de-Goyne : caissons, façades, tiroirs à l'anglaise, socle en retrait de 40 mm pour alléger la masse.
Parce que nous dessinons et fabriquons, le plan a été corrigé trois fois pendant l'étude, pas pendant le chantier : la profondeur des tiroirs a été réduite de 20 mm pour passer devant la descente d'eau, et le porte-à-faux du plan de pierre a été ramené à 30 cm après essai en atelier. Ce sont ces allers-retours qui font tenir les délais.
Vous avez un mur à ouvrir ou une cuisine à repenser ? Le premier rendez-vous et l'estimation sont gratuits.
Demander une étude4. Le budget, poste par poste
Le devis a été remis en sept lignes : structure et maçonnerie, électricité et plomberie, menuiserie fabriquée, plan de pierre, électroménager, peinture et finitions, pose. Les propriétaires ont arbitré eux-mêmes deux postes : une pierre naturelle plutôt qu'un stratifié sur le plan (+ 11 %), et un électroménager conservé en partie pour compenser. Nous ne présentons jamais un prix global sans détail : c'est le seul moyen de choisir.
- Structure, poutre acier et reprise de charge — validées par un bureau d'études
- Menuiserie fabriquée à l'atelier — îlot, colonnes, banc de fenêtre
- Reprise des moulures et raccords de parquet ancien
- Coordination des artisans et pose par notre équipe
5. Ce que nous ferions autrement
Deux choses. La hotte : nous avons choisi un modèle plafond intégré, très discret, mais son entretien demande une nacelle d'escabeau que la maison n'avait pas — un modèle sur mesure encastré dans le coffrage aurait été plus juste. Et l'éclairage du plan de travail : nous avons prévu deux circuits, il en fallait trois pour dissocier vraiment le repas du service. Les deux sont corrigeables, et les deux serviront au prochain chantier. C'est aussi pour cela que nous publions ce journal.
Pour voir d'autres chantiers livrés, parcourez nos réalisations ou passez au showroom : l'îlot présenté rue des Cornières reprend le même chêne et la même quincaillerie.

